In Memoriam Professeur Kalala Omotoundé

Aujourd’hui il nous est revenu que le Professeur Jean Philippe Kalala Omotoundé est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque.

Je retiens de lui, quelqu’un qui a une présence à la fois frappante et vivante, un art oratoire qui impose l’attention. Il a un regard « blanc », quasi-surhumain qui traverse. Celui-là même qui s’est renommé Nioussérê Kalala Omotunde pour affirmer son profond attachement au continent africain malgré ses fissures de l’histoire est un amoureux inconditionnel de la science, la science au-delàs des limites, les limites d’une seule discipline. II était à la fois mathématicien, théologien, égyptologue, historiens des sciences mais aussi historien des spiritualités et panafricaniste convaincu. Son approche scientifique visait à décomplexer l’africain puis à repositionner les savoirs africains et plus globalement les Humanités classiques africaines dans l’historiographie des connaissances de l’humanité. II était perpétuellement conscient que la défaillance des existences africaines dans le monde trouvait sa source dans une construction scientifique qui a isolé le noir de tout le schéma constructif de l’espèce humaine avant de se développer de toutes autres manières. En disciple fidèle de Cheick Anta Diop, Joseph Ki-Zerbo et du même registre que Théophile Obenga, il a cherché à constamment déconstruire les falsifications historico-scientifiques séculaires dont les savoirs multiformes du continent ont fait l’objet.  

L’œuvre de Kalala Omotoundé est dense, diversifiée, pluridisciplinaire et a commencé à se tailler une place surtout dès le début des années 2000 avec L’origine négro-africaine du savoir grec. Connaissance du monde nègre. Paris: Éd. Menaibuc, 2000, suivie de ses manifestes provocateurs intitulés Les racines africaines de la civilisation européenne. Paris: Menaibuc, 2002; La traite négrière européenne: vérité & mensonges. Paris: Menaibuc, 2004; Discours afrocentriste sur l’aliénation culturelle. Connaissance du monde nègre, vol. 4. Paris: Menaibuc, 2006; Les humanités classiques africaines pour les enfants: apprendre en s’amusant de 4 à 14 ans et [plus]. Paris: Éd. Menaibuc, 2006; Histoire de l’esclavage: critique du discours eurocentriste. Connaissance du monde nègre, vol. 5. Paris: Éd. Menaibuc, 2008, puis, plus récemment Hymnes et prières kamites. Paris: Menaibuc, 2009.

La terre mère de l’humanité perd un vaillant soldat, un éternel amoureux du continent africain et de ses origines. Quand un combat est noble et digne d’être mené, le combattant devient lui-même éternel. Vas-y en paix, grand combattant. Va en paix, digne fils d’Afrique et de la Guadeloupe. C’est malgré nous.

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